THE DJERBI OF THE WILAYA OF LAGHOUAT FROM THE DE KINKELIN’S COLLECTION
LE DJERBI DU WILAYA DE LAGHOUAT DE LA COLLECTION DE KINKELIN
Cette présentaton d’un tissage dit couverture de corps ou “djerbi” de l’un des Oasis de Laghouat provenant de l’ancienne collection de Kinkelin, est dédicacée à la mémoire de l’architecte André Ravereau. Cette architecte que je ne connais pas personnellement, a eut le mérite à mes yeux d’oeuvrer dans la région du Mzab, ce qui n’est pas rien et dans les régions sub-sahariennes. Il a obtenu le Prix Aga Khan d’Architecture en 1980 pour le dispensaire de Mopti.
Sa démarche a été celle d’un homme qui appartenant à une culture dite “dominante”, la culture française, qui fondamentalement en son temps était dominante militairement et économiquement, cet homme et architecte n’a pas voulu imposer aux autres cultures, inférieures militairement et économiquement, les pratiques et solutions architecturales et esthétiques de sa culture.
Il s’est adapté à la culture supposée inférieure. En verité, aucune culture n’est inférieure ou supérieure. Elles sont différentes.
Un homme de culture lorsqu’il se déplace n’impose pas aux autres sa culture, mais vient dialoguer avec la culture d’acceuil en essayant de la comprendre, et essaye de s’adapter, de s’unir à elle. Ravereau s’est adapté à la culture berbère. En cela que la mémoire d’André Ravereau soit louée.
Berdj Achdjian.
La Galerie Berdj Achdjian est située au
10 rue de Miromesnil 75008 Paris
tel +33 1 42 65 89 48 et mob +33 6 16 41 44 62
e mail b.achdjian@gmail.com
Pour mieux connaitre Andre Ravereau, veuillez consulter les sites suivants:
- http://www.algeriades.com/news/previews/article1386.htm
- http://dzlit.free.fr/ravereau.html
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Rav%C3%A9reau

Ce djerbi est la pièce la plus importante ou “performante” sur le plan esthétique que nous connaissions au sein du groupe des tissages anciens des XVIII ou XIX eme siècle des oasis de Laghouat.
Nous tenons à avertir que la classification des tissages et tapis d’Algérie n’est pas celle que nous avons établie par notre propre étude, mais celle d’autres auteurs, et historiens du tapis algérien. En conséquence, si ce tissage s’avère ne pas être originaire d’un atelier localisé dans la région des Oasis de Laghouat, nous n’en serions guère étonné. Nous attribuons ce tissage aux Oasis de Laghouat, sleon les critères préétablis, tout en sachant que ces critères sont souvent basés sur des faits non établis scientifiquement.
Par ailleurs, et pour ceux qui nous connaissent, nous tenons à avertir le lecteur que l’origine d’une pièce ne revêt qu’une importance relative, et si nous reconnaissons l’intérêt de sa localisation, nous savons bien que bien d’autres éléments viennent entrer en ligne pour de compte pour faire de telle ou telle pièce un chef d’oeuvre ou non, car nous tenons en haute considération, la particularité de la personne qui a tissée. Lorsque l’on traite de la peinture Européenne et Américaine contemporaine, l’identtité de l’artiste revêt une importance toute particulière. lorsque l’on traite des arts de sociétéxs autres, comme l’art Africain, et l’art du Maghreb, et plus précisément l’art des berbères d’Algérie, cette identité semble ne plus être importante. On sait bien que l’hoimme est l’homme.
“Les hommes ne sont pas tous semblables, et même dans les tribus primitives, que les sociologues ont dépeintes comme écrasées par une tradition toute-puissante, ces différences individuelles sont perçues avec autant d’application que dans notre civilisation dite ‘individualiste’“. Claude Levi-Strauss (“Tristes Tropiques”)
Ce tissage d’un artiste-tisserand dont nous ne connaissons donc pas l’identité, mais dont l’identité est déterminante, est l’oeuvre d’une femme Berbère d’Algérie de la région de Laghouat.
Ses dimensions sont imposantes. 179 cm de haut par 444 cm de large.
D’une grande finesse d’exécutiion, les motifs de ce djerbi sont particulièrement bien dessinés. Ils se détachent sur un champ rouge et ce avec une inventivité et une poésie que nous qualifions d’exceptionnelle. Ansi, ce djerbi possède et reflète ”cette réserve aristocratique” caractéristiques des groupes humains de la région des Oasis de Laghouat .
Celui qui possédait un tel tissage devait être un personnage puissant de cette région: gouverneur ou chef religieux ou chef spirituel, L’utililité ou fonction d’un tel tissage n’est pas connue avec certitude, et nous nous méfions des hypothèses telles la fonction de couverture collective, ou parfois la fonction de grande tunique (plus improbable) qui est attribuée dans les quelques ouvrages sur le sujet. Pour notre part, c’est une fonction de tenture murale cérémonielle qui semble la plus appropriée. Sur un autre plan, cleui de l’esprit sociologique de cette pièce, il est difficile de savoir si cette pièce appartient à un type de culture nomade ou à celui d’une culture sédentaire. Comme souvent, nous restons poings et pieds liés à une méconnaissance du sujet qui fait que l’interprétation plus avancée de l’oeuvre est quasi impossible. Quelques autres auteurs se targuent d’en savoir plus, mais au jour d’aujourd’hui, ce savoir nous a semblé non scientifique.
Plus généralement, il nous parrait fort regretable qu’un tel chef d’oeuvre de l’art reste méconnu du grand public. Prisonnier du ghetto des arts textiles, il reste cantonné au secteur des arts dits ethnographiques, comme si l’art de ce tissage ne valait pas celui d’un artiste européen ou américain du 20 eme siècle.
Il serait bon qu’un jour certains amateurs d’art comprenent que de telles oeuvres vallent esthétiquement tout autant qe bien des tableaux d’artistes européens. Le grand peintre Eugène Fromentin qui séjourna à Laghouat se plaignait que son art ne puisse rivaliser avec de tels chefs d’oeuvres … les tableaux de Fromentin se vendent à prix d’or dans les ventes de tableaux orientalistes, alors que le chef d’oeuvre loué par le peintre peut passer inaperçu.
Ce tissage est le reflet d’un homme ou d’un groupe humain, d’une philosophie, d’une religion, d’une pensée, vivant en harmonie, à la fois dans un cadre géographique harmonieux, mais aussi dans un cadre spirituel harmonieux. Un tissage d’une grande sagesse !
D’où vient cette grande sagesse ? non pas d’une démarche intellectuelle de type spéculative, mais des tripes d’une communauté ! du plus profond de leurs êtres, du plus profond d’un groupe humain d’individus liés les uns aux autres dans un relatinnel qui n’existe guère dans les sociétés nord européennes, et qui ont survécu à des conditions de vie particulièrement difficiles, avec une mortalité infantile élevée, et bien d’autres vissicitudes de la vie quotidienne à surmonter.
Y a -t-il encore des personnes qui savent lire un tel tissage ?
et qui comprend ce que nous entendons par un tissage d’une grande compréhension cosmique ou bien par un tissage d’une grande sagesse ?
L’homme veut faire des objets qui le reflète, et de ce reflets le plus souvent, ce sont les reflets de sa va nité. Ici, le reflet est d’un autre ordre.
HISTOIRE: Quelques dates importantes de l’histoire de Laghouat (source wikipedia)
- 1698: Le marabout Sidi Hadj Aissa (mort en 1737) patron de la ville, s’établit à Laghouat.
- 1708: Le sultan du Maroc Moulay Abdelmalek, établit son camp à l’Ouest de la cité rebelle, et lui imposa un tribut qu’elle refusa de payer.
- 1727: Laghouat passe sous la domination des Ottomans
- 1741: le Bay du Titteri, à la têt d’une imposante arméee, assiègea la ville. Défait, il reprit la route de Médéa.
- 1785: le Bey d’Oran sur l’ordre du dey d’Alger mena une pexpédiation punitive contre Laghouat qui refusait de payer l’impôt annuel de 700 réaux.
- 1786: nouvelle tentative menée, une fois de plus, par le Bey d’Oran. Le Bey d’oran tenta de réduire en premier lieu le Ksar de Ain Madhi fortifié par le marabout Sidi AHmed Tidjani. Le siège dura deux mois.
- 1878: le successur du Bey d’Oran tenta à son tour de prendre le Ksar de Ain Madhi. Il ne fut pas plus heureux. En signe de représailles, il détruisit entièrement le Ksar de Tadjmout (fondé en 1666 par les Ouled Youssef)
- 1815: Mort du cheikh Sidi Ahmed Tidjani, fondateur de l’ordre de Tidjani.
- 1829: le Cheikh Moussa Iban Hassan El-Misri, né en Egypte, à Damiette en 1787, s’établit à Laghouat et fonde l’ordre Chadhiliyya.
- 1831: le chiekh Moussa Ibn Hassan El Misri proclame la guerre sainte contre l’Armée française, lève une armée, et entame une resistance armée qui ne prit fin qu’avec sa mort en 1848, lors de la bataille de Zaatcha, osus l’tendard du Cheikh Bouziane, un autre ménient personnage de Laghouat.
- 1852: une armée forte de 6.000 hommes et sous le commandemant de trois généraux: Pélissier -Yussuf et Bouscaren- assiège la ville de Laghouat. La bataille s’engage le 21 novembre. Le 4 décembre 1852, Laghouat est prise d’assaut. L’extermination systématique de sa populaiton est alors ordonnée; plus des deux tiers périssent ainsi. La ville ainsi que le reste de sa population sont suavés de justesse par un contre-ordre
- Le célèbre Benaceur Benchohra est alors de toutes le batailles. En 1875, il gagne la Syrie, âgé de plus de 70 ans, pour y vivre ses derniers jours.
- 1917 : Mort du « pôle mystique » le cheikh Bachir Belhadj, de la confrérie Qadiriyya.
- 1921 : Mort du poète et alchimiste le cadi Abdallah Ben Keriou.
- 1922 : Fondation à Laghouat, sur l’initiative du Cheikh Zahiri, des notables et des lettrés de la ville, de la première école privée en Algérie.
- 1924 : Le Khediwi déchu d’Égypte, Abbas Hanafi II, visite Laghouat.
- Les mouvements nationalistes s’implantent à Laghouat. L’histoire retiendra des noms prestigieux : Kaddour Far, un des membres fondateurs de l’étoile nord-africaine, Mohammed ben Ahmida Bensalem, un des pères du nationalisme algérien, Sayah Lamri, artiste de renom tombé au champ d’honneur en 1958, Habib Chohra, instituteur, Ahmed Taouti,universitaire, Atallah Mebtout et bien d’autres encore. De grandes personnalités politiques algériennes diront plus tard : « C’est à Laghouat que nous avons appris le sens du mot Patrie ».
- 1927 : Le cheikh Moubarek El Mili s’établit à Laghouat pour y donner son enseignement. Une première promotion d’étudiants rejoint l’université d’El Zeïtouna (Mosquée Zitouna), à Tunis.
- ces dates sont importantes dans la mesure ou 1815 est la date de la mort du fondateur de l’ordre de Tidjani et aussi la date probable de la confection de cette tenture excpetionnelle. (à quelqes années près)
GEOGRAPHIE:
La wilaya de Laghouat ( en arabe : ولاية الأغواط) est une wilaya algérienne ayant pour chef-lieu la ville du même nom. Située au cœur du pays à 400 km au sud de la capitale Alger, la wilaya s’étend sur une superficie de 25 000 km² et compte aujourd’hui 470 000 habitants. Région pastorale.
Superficie (km²) : 25.052l imites géographiques :
- nord : wilaya de Tiaret
- est : wilaya de Djelfa
- sud : wilaya de Ghardaïa
- ouest : wilaya d’El-Bayadh
Située à plus de 750 mètres d’altitude sur les hauts plateaux, la wilaya de Laghouat est traversée par la chaîne de l’Atlas Saharien avec des sommets qui dépassent les 2000 mètres (“djebel AMOUR” 2200 mètres). Le climat est continental aride avec des moyennes de -5 °C l’hiver et de plus de 40 °C l’été .
La wilaya est elle-même divisée en dix daïras et 24 communes. L’alttitude jour un role énorme pour comprendre la qualité des laines utilisées à confectionner ces tentures. Les moutons ont une toison fournie et de qualité, dont la laine lorsqu’elle est filée offre une matière première exceptionnelle pour confectionner de telles oeuvres.
LA VILLE DE LAGHOUAT
Laghouat est une ville d’Algérie, chef-lieu de la wilaya du même nom.
Laghouat, El-Aghouat ou El-Arouat selon les transcriptions latines utilisées à différentes époques de l’histoire de la ville, est une appellation poétique qui tire son origine de la nature et de la configuration même de la région. Elle signifie tout à la fois : « maisons entourées de jardins », « Oued », « Oasis » …
La naissance de la ville de Laghouat remonte au début du XIXe siècle. Mais Ibn Khaldoun a signalé l’existence vers le XIe siècle ou XIIe siècle d’un qaçr (ville ou village entouré d’un mur en pierre pour la protection contre les invasions) dans un site qui semble être celui de la ville actuelle, abritant une faction des Béni-Laghouat, branche de la célèbre tribu berbère des Maghraouas.
Cette tribu a régné entre 1058 à 1067. Laghouat est fils de Yusef b. Ali. Sa femme est Zaineb la Nefzawienne. Lorsque les Almoravides prirent Tadla, Laghouat se refugie Chez Temim de la tribu des Banou Ifren Hakem de Salé. Mais, les Almoravides attaquent Salé et tuent Laghouat. Après Youssef Ibn Tachfin se marie avec Zaineb de la tribu des Nefoussas ( Zénète).
ORIGINE ETHNIQUE DES HABITANTS DE LAGHOUAT ET DE SES OASIS
Les Maghraouas ou Maghrawas, ou Maghraouides Ils sont des berbères (amazighs) et font partie de la confédération des Zénètes.
Étymologie et racines
Les Maghraouas descendent de la branche de Madghis ( Medghassen). Les Maghraouas sont les frères des Banou Ifren et des Irnyan. Ifren, Irnyan sont les frères de Maghra. Le pluriel de Maghra est Aimgharen en berbère (qui veut dire « quelqu’un qui a vendu sa part » et aussi « vieux »). On dira Maghraoua en arabe littéraire d’après le point de vue de l’historien du Maghreb, Ibn Khaldoun.
Il y a plusieurs tribus issues des Maghraoua dont Bani bou Said, Bani Ilit (Ilent), Bani Zendak, Bani Urac (Urtezmir, Urtesminn), Bani Urcifan, Bani Laghouat, Bani Righa, Bani Sidi Mansour (Bani Mansour), A. Lahsen.
La grande partie des habitants des Aurès sont issus de cette ancienne tribu. L’ Ouarsenis abrite les Maghraouas, ainsi que les habitants du massif de la Dahra à Tipaza, Cherchell, Alger, Chlef, Aïn-Defla, Mostaganem, Relizane, etc.
Vers le début du premier siècle. Les Maghraoua étaient très nombreux dans les environs d’Icosium (Alger) et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir. Ptolémée de Maurétanie, fera transférer une partie des Maghraoua vers le chlef.
Ptolémée disait Makkarous ou Makkourbès. Corippe les appelle Macarel.
Une hypothèse Une origine juive de ce type de tissage ?
Une communauté juive existait dans la r&gion du wilaya de Laghouat, et à Ghardaïa.
Voir l’article sur le net: Extrait de Les Juifs du M’zab, contribution à l’étude d’une Communauté saharienne dispersée par le vent de l’Histoire en Juin 1962. Par Charles KLEINKENECHT, Administrateur des Services civils de l’Algérie (E.R.), ancien Sous-préfet de Ghardaïa (Oasis) – avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Ghardaïa est la capitale du M’Zab, située à 630 km au sud d’Alger, centre nord du Sahara et “porte du désert”. En 1961 la population juive de la région compte 978 âmes. L’atelier de tissage des tapis, dirigé par Mme GAUZER, originaire d’Alsace. A part 5 filles, toutes les élèves étaient juives.
Une légende ibadite indique que les juifs seraient arrivés au Mzab guidés par un ibadite de l’île de Djerba à l’invitation de la population mozabite et cela au XII eme siècle. Une tradition juive relate aussi qu’ils seraient arrivés à une époque bien plus ancienne de la haute Egypte.
Histoire
La confédération des Maghraouas a participé activement aux différents événements de la vie antique. Ils sont la peuplade majoritaire du Maghreb central parmi les Zénètes (Gétules). À la fois nomades et sédentaires, les Maghraouas vivaient sous le commandement des chefs Maghraouas ou des Zénètes.
Alger est le territoire des Maghraoua depuis les temps anciens. Le nom de Maghraoua sera transcrit en grecque par les historiens. Le grand royaume des Maghraouas est situé entre Alger, Cherchell, Ténès, Chlef, Miliana et Médéa. Ptolémée déplace une partie des Maghraouas au Chlef. Les Maghraouas se concentrent dans les Aurès. Chlef et ses environs étaient peuplés par les Maghraouas d’après Ibn Khaldoun. On les trouve au Mali aussi.
Les Maghraouas ont combattu au côté de Koceila et de la Kahina au début de l’ère musulmane. Plusieurs tribus dans l’Aurès sont issues des Maghraouas.
Parmi le plus noble de la tribu Maghraoua, le chef berbère Ouezmar Ibn Saclab qui a été le premier ambassadeur berbère auprès de Uthman ben Affan le califat.
Les Maghraouas furent les premiers à se convertir à l’islam parmi les tribus Berbères.
Les Maghrouas ont eu un grand rôle pendant le règne des Omeyyades vers Xe siècle. Par la suite, ils s’ allieront aux Fatimides pour faire la guerre aux Ommeyades et régneront sur toute la partie ouest du Maghreb. Les Maghraouas feront la guerre aux différentes dynasties au Maghreb et s’imposeront au début du XIe siècle. Une partie du Maroc actuel sera soumis aux Maghraouas. les Maghraouas fondent Oujda. Cette dernière sera la capitale principale de leur règne. Ils établiront leur pouvoir dans la région pendant 80 ans. Les Maghraouas seront massacrés par les Almoravides. Cela achèvera leur règne au Maghreb.
Après les Almoravides, les Maghraouas partageront la gouvernance aux côtés des Almohades et des Mérinides et des Zianides. Laghouat était un membre influent des Maghraouas, il a été tué à Salé par les Almoravides. Les Maghraouas tiendront tête aux Almoravides jusqu’à ce qu’il ait une trêve finale entre les deux.
- exhibition: Hotel-Dieu Museum, Mantes-la-Jolie, France June-Septembre 199
Nous n’avons pas indiqué les dimensions de cette pièce pour savoir si les internautes en ont une idée. Nous n’avons guère indiqué la nature des matériaux pour des raisons similaires.
Le Musée du Quai Branly possède un exemplaire assez similaire de ce type de tissage, et d’une ancienneté comparable. Cet autre djerbi du Musée du Quai Branly est conservé sous le numéro d’ inventaire : 74.1962.0.967. Le musée du Quai Branly est une assez bonne source pour étudier sur internet les tissages d’Algérie. Nous conseillons aux internautes de se rendre sur leur base de données. (Recherche experte).
Ce djerbi est selon moi, plus important que celui qui avait fait la couverture de l’invitation de Hali Fair (Londres) et qui provenait, aussi, de la collection de notre galerie. Son rythme est plus pur et plus harmonieux. Ses lignes sont plus variées et poétiques. Ses tonalités plus pures, plus intenses, plus chargées d’intensité de couleur. Les rectangles dans le centre sont tous différents les uns des autres et d’une grande invention, tout en étant presque les mêmes.
datation de la pièce:
Marie-France Vivier, ancienne conservatrice du département Maghreb Afrique du Nord au Musée des Arts Africains et Océaniens, et conservatrice du même département au Musée du Quai Branly, date une pièce similaire à la première moitié du 19 eme siècle. Cette datation est une estimation basée sur la traditions orale en usage.
Pour notre part, nous n’avons pas encore d’idée précise quant à la réelle ancienneté de cette pièce, et par extension de ces quelques pièces (une douzaine de connues). Pour ce, nous ne mentionnerons comme ancienneté q’une datation minimum: AU MOINS DU DEBUT DU 19 EME SIECLE, en nous reservant l’éventuelle possibilité d’une autre datation.
ETUDE DE LA SYMBOLIQUE DU DJERBI “DE KINKELIN”
L’ étude de la symbolique de tels tissages ne peut être que spéculative dans la mesure où s’il semble possible de définir la nature des motifs représentés (et encore ?) donner une interprétation symbolique des motifs qui figurent sur le champ d’un tel tissage nous parait des plus hasardeuses, dans la mesure, où la symbolique est affaire de degré de développement de la connaissance philosophique, métaphysique, cosmologique, de la connaissance de soi, et de la Connaissance avec un C majuscule.
Une vie ne suffirait pas à répondre à une seule interprétation.
Si nous ne savons répondre à cette question d’une vie entière; nous pouvons indiquer à ceux qui voudront en faire l’étude quelques pistes, quelques routes, quelques voies …
Indiquons que les motifs sont interdépendants, et que si la partie centrale vient en contraste avec les parties plus dépouillées entre la partie centrale et les bordures latérales, cette partie centrale n’a de symbolique qu’en rapport à ces parties plus vides, plus spatiales.
Dans la grande partie centrale, des bandes verticales sont ornées de dix motifs blancs. Deux rangées de cinq motifs sont superposées. Des motifs bicolores et dont les nombres varient entre 1 et 5 (deux de 5) ornent ces carrés ou rectangles blancs.
La signification de ces dix rectangles ou carrés nous semblent être l’une des clefs de la symbolique de ce tissage. S’agit il de motifs symbolisant la lumière divine ? s’agit il de motifs symbolisant des bougies ou des points en realtion avec la numérologie ? ce qui est certain c’est que le décor n’est pas gratuit et décoratif, mais possède un signifiant.
J’appelle ceux qui seraient intéressés par cette étude à vraiment sinvestir dans cette voie. N”étant pas cultivé dans la culture algérienne et plus particulièrement dans la culture des centres religieux islamiques de l’Algérie, je ne peux passer dix ans de ma vie à l’étudier pour peut être donner une interprétation symbolique valide du décor de ce tissage. Toutefois, je pense que ceux qui ont déjà cette culture pourrait s’investir plus avant pour donner aux autres l’explication de cette image cosmogonique et sacrée qu’est ce tissage.
Disons que ces tissages devaient avoir pour but de donner une réprésentation du Monde et que cette représentation était partagée par la majorité des membres du groupe social, ethnique et religieux commun à celui de la personne qui avait tissé ce djerbi.
MAINTENANT, CE DJERBI FAIT PARTI DE LA COLLECTION ACHDJIAN, PARIS. SI VOUS VOULEZ ETUDIER LE PRET DE CETTE OEUVRE OU DE L’UNE DES OEUVRES DE NOTRE COLLECTION, VEUILLEZ NOUS CONTACTER
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