TEXTILES RUSSES & JEAN PIERRE RAYNAUD


14 septembre –  30 octobre 2010

De l’étoffe des Tsars à Jean-Pierre Raynaud

Manifestation organisée dans le cadre de  l’ Année France-Russie 2010

to contact: Galerie Berdj Achdjian

10 rue de Miromesnil 75008 Paris

tel  +33 1 42 65 89 48 et mob +33 6 16 41 44 62

e mail b.achdjian@gmail.com

synthèse : exposition-confrontation d’œuvres majeures des arts textiles anciens de la Russie des XVII, XVIII et XIX eme siècles, des arts textiles d’artistes d’origine russe ayant vécu en France au début du XX eme siècle, tels Nicolas Roerich (1874 – 1947) ou Leon Bakst (1866 – 1924), Sonia Delaunay (1885 – 1979), Marie Vassilieff (1884 – 1957, Maria Ivanovna Vassilieva) et d’œuvres contemporaines de Jean Pierre Raynaud dont les thèmes sont en rapport avec la Russie et les artistes russes. A l’occasion de l’exposition, l’installation « le 10 rue Miromesnil » sera visible en permanence. Du mardi 14 septembre au samedi 30 octobre 2010 à la galerie Achdjian, 10 rue de Miromesnil 75008 Paris.

Achdjian galerie / 10, rue de Miromesnil  75008 Paris

Tel  + 33 1 42 65 89 48

e-mail b.achdjian@gmail.com

L’ exposition: genèse, intérêt, niveau.

La genèse de cette exposition a puisé sa source dans le dialogue de deux personnalités du monde de l’art:

- Jean-Pierre Raynaud et Berdj Achdjian

Spécialistes dans des domaines des arts visuels qui, à priori, paraissent aux antipodes, ils désiraient tenter l’expérience de la confrontation.

L’année de la Russie en France en a été l’opportunité. Ainsi, ont-ils décidé d’exposer en un même lieu leur sélection respective:

  • une sélection d’œuvres majeures des arts textiles russes anciens. Sélection qui regroupe, à la fois, des œuvres textiles faites en Russie au XVII, XVIII et XIX eme siècles, et destinées à l’aristocratie, au clergé, et des œuvres textiles crées par les russes émigrés en France, tels Sonia Delaunay, Nathalia Gontcharova ou Nicolas Roerich, au début du 20 eme siècle.
  • une sélection d’œuvres de Jean-Pierre Raynaud dont un grand drapeau de la Fédération de Russie, une œuvre « Totem » en hommage à Malevitch, et d’autres œuvres récentes. Le clou de l’exposition l’installation permanente le 10 rue de Miromesnil, (1997-2000) considérée comme l’une des œuvres majeures de l’artiste, sera visible pendant toute la durée de l’exposition.

L’ intérêt de cette exposition s’inscrit dans la continuité de l’exposition du Musée des Arts Décoratifs de Paris, « Artiste-Artisan » (François Mathey en était le conservateur) en 1977, et qui  reste pour Jean Pierre Raynaud et Berdj Achdjian, et pour moi-même, l’une des expositions majeures de ce musée dans la mesure où elle a traité de l’une des questions fondamentales de l’Art : où se situe la limite entre ce que l’on croit être de l’art et ce que l’on croit être de l’artisanat ? question qui oblige à définir l’Art et à définir l’artisanat ! et donc pose la question qu’est ce que l’Art ? qu’est ce que l’Artisanat ?

En acceptant d’exposer, ses œuvres d’art et d’art contemporain, aux côtes d’œuvres textiles certes majeures, mais quand même perçues comme oeuvres des arts appliqués à l’Industrie, comme la tapisserie ou la broderie professionnelle, ou le tapis de Manufacture, Jean-Pierre Raynaud révèle une vision sur son travail que je qualifierai d’audacieuse. Adulé par les institutions muséologiques d’art contemporain, il crée aussi des œuvres pour vivre avec, et donc, qui se doivent de coexister avec d’autres œuvres dans un espace d’habitat.

Inversement, les oeuvres textiles sélectionnées par Berdj Achdjian pour offrir cette co-habitation se doivent d’avoir des qualités rares pour communiquer avec les oeuvres de Jean-Pierre Raynaud.

Le grand risque de cette exposition eut été d’avoir exposé d’un côté des oeuvres d’art contemporain et de l’autre des oeuvres d’art textiles anciennes, et ce sans co-existence, sans communcation. C’est l’architecte Alexis Kobakhidze qui a réalisé l’accrochage de l’exposition. Il l’ a pensé de façon à ce que chaque oeuvre soit en écho à celle qui se trouve à proximité. Au Drapeau (Russe) fait face un velours russe monochrome dont le décor est un semis de croix orthodoxes dont on peut penser qu’il est en soi une forme de drapeau religieux. Aux trois couleurs des couvercles de pot de peinture epondent les trois scapulaires brodés qui ont eux aussi quasiment les mêmes formats, et ainis de suite pour le reste de l’exposition.

Si la forme est satisfaisante, le fond l’est tout autant. Pour ceux dont le regard se fait avec les yeux et non pas avec les oreilles,pour ceux qui ont appris ou savent regarder, les œuvres  textiles exposées sont au plus haut niveau, et ce hors les modes, hors les signatures.

Lorsqu’on leur demande sur quels critères les œuvres ont-elles été sélectionnées, aux critères habituels esthétiques, leur réponse commune est « dans un esprit de la modernité». Par modernité, ils entendent le fait qu’une fois la tradition connue et établie, les nouvelles créations se doivent de faire évoluer cette tradition. La modernité n’est pas de faire sans rien avoir appris, mais de digérer et maîtriser une tradition, de la contester, et de la faire évoluer.

En cela, les regards croisés de Jean Pierre Raynaud et de Berdj Achdjian non seulement prolongent le regard de François Matthey lors de l’exposition du Musée des Arts Décoratifs de Paris de 1977, mais aussi, en propose une résolution au sommet. Cette attitude rappelle celui des grands collectionneur que furent Chtchoukine et Morozov. (orthographié aussi Shushkin). Cette exposition aurait, aussi, bien pu se nommer : “le Regard Chtchoukine (Shchukin)” ou “Dans la continuité du regard de François Matthey”.

Chtchoukine le célèbre collectionneur des tableaux de Matisse qui commanda en 1909 la Danse à Matisse, fut en son temps, aussi, le plus grand collectionneur de broderies russes anciennes. Sa collection est aujourd’hui conservée au Musée d’Etat d’Histoire de Moscou et en constitue l’un des noyaux principaux. Les trois broderies du XVII ème siècle exposés sont d’un niveau égal aux plus belles broderies de ce dit musée.

Si Chtchoukine a compris Matisse si aisément, est-ce un hasard ? Cette exposition répond par la négative. Le hasard ne sourit qu’aux esprits préparés, écrivait Pasteur. Industriel du textile, collectionneur de broderies russes anciennes, amateur d’art contemporain, tous les ingrédients étaient réunis pour cette compréhension s’opère.

Un grand marchand de tableaux (Paris-Genève) des années 45 – 80 avait coutume de donner le conseil suivant: Si tu veux faire des progrès en tapis et textiles anciens, étudies l’art contemporain et Si tu veux faire des progrès en Art Contemporain, étudies les arts textiles anciens

L’œil n’étant que l’extension de fonctions cérébrales au travers duquel les informations sont traitées. Il savait intuitivement que le grand Art, broderies exceptionnelles ou tableaux de Matisse, se situe dans la hauteur du niveau des standards esthétiques.

Chtchoukine ou Morozov et certains artistes russes, au début du XX siècle, étaient dans cette hauteur de niveau, et dans cette modernité. Certains travaillèrent pour les Ballets Russes, d’autres s’exprimèrent dans d’autres médias. Ils furent nommés l’Avant-Garde. Là est le fil conducteur de cette exposition.

Avec le regard « moderne », cette exposition fonctionne remarquablement par le niveau de son son haut esthétique.

Les œuvres de Jean-Pierre Raynaud se situent parmi ses œuvres majeures. Drapeau (x) (Russie + Arménie) sont parmi les drapeaux qui fonctionnent le mieux dans le travail de Jean Pierre Raynaud sur le Drapeau. Drapeau (Russe) est une oeuvre d’une taille imposante et son impact visuel est immédiat et durable. Peinture est très probablement l’œuvre qui utilise des pots de peinture superposés avec l’une des montées chromatiques des plus efficaces qui soient. La taille des pots est telle que les couvercles des pots proposent au regard des cercles qui possèdent chacun une vie quasi autonome, dans la mesure où l’éclairage et l’environnement influent sur l’oeuvre. L’installation le 10 rue de Miromesnil, vaut à elle seule le déplacement. Jean Pierre Raynaud déclare, lui-même, qu’il s’agit de l’une de ses œuvres majeures. José Alvarez, amateur d’art et auteur de plusieurs ouvrages sur l’art et en particulier dont l’ouvrage sur l’Art Déco parait ces jours ci, déclare volontier qu’il s’agit d’une des grandes oeuvres de l’année 2000, si ce n’est la grand oeuvre de l’année 2000.

Parallèlement, les deux scapulaires brodés du XVII siècle sont à l’identiques des plus beaux du Musée d’Etat d’Histoire de Moscou. Le costume du Bohèmien de la Jeune fille de Pskov (Ivan le Terrible) démontre pleinement l’avance et l’audace esthétique de Diaghilev et de son cartonnier. Que ce soit Leon Bakst ou Nicolas Roerich le concepteur de ce costume pour Diaghilev, ce dernier en faisant réaliser des costumes de telle qualité sur le plan esthétique possédait une telle avance sur les autres producteurs de spectacles d’opéra et de créateurs de costumes que cela en est quelque peu affligeant pour ces autres producteurs, et que dire des deux fragments de châle russe qui,  à ma connaissance, sont les tissages en technique dite kilim ou tissage plat les plus fins du monde, encore plus fin que les plus fins kilims persans, et même que les plus fins tissages du Pérou …

En conclusion,  une exposition pour les amateurs de textiles anciens, une exposition pour les amateurs de Jean Pierre Raynaud, une exposition pour les amateurs du Beau Intemporel, une exposition qui ose la confrontation de deux mondes qui à priori n’avaient pas grand chose en commun, qui ose et la réussit.

D. L. Collectionneur

La Galerie Berdj Achdjian est située au

10 rue de Miromesnil 75008 Paris

tel  +33 1 42 65 89 48 et mob +33 6 16 41 44 62

e mail b.achdjian@gmail.com


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One Response to “TEXTILES RUSSES & JEAN PIERRE RAYNAUD”

  1. Exposition France Russie 2010 visite guidée par l’UGAB Jeunes | Ugab Europe Says:

    [...] http://textilum.wordpress.com/2010/09/16/exposition-de-letoffe-des-tsars-a-jean-pierre-raynaud/ [...]

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