the town by rij-rousseau

Rij_Rousseau016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“THE TOWN”

title : “La ville”  (the town)
artist-designer: Rij-Rousseau
workshop: personal workshop of Rij-Rousseau
technique: knotted rug
size: 125 cm (H) x 106 cm (L)
materials : wool
source: Berdj Achdjian  Gallery                                                                                                                                                                                                                                                        

Jeanne Caffier (called Rij-Rousseau) 10 June 1870 – 22 October 1956: she was a French cubist painter and an art theoretician. For her biography, please go on the web, and do some researches.

Paintings of Rij-Rousseau in museums:

  • Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris. « Nature morte au kilog de sucre », 1915, huile sur toile. 65 / 81cm, signée « Jeanne Rij Rousseau » en bas à droite et au dos. Inv. AM 3288 Bis P 1952
  • Musée des Beaux-arts. Château de Blois, France. « Nature morte aux fruits », 1925, huile sur toile. 65 / 54cm, signée en bas à droite. Inv. 19564 – 1946 Au verso : Dir. Des Arts et des Lettres 53, Rue St. Dominique, Paris. Nr 19564
  • MUMA Le Havre. Musée d’Art Moderne André Malraux, France. « Nature morte au vase », huile sur toile, 75 / 54cm, signée. No. A 339
  • Musée Géo-Charles, Echirolles, Grenoble, France. « Le vel d’Hiv », Géo-Charles en cycliste. Huile sur toile, 180 / 130, signée en bas à droite.
  • Wichita Art Museum, Wichita, KS, USA. „Abstraction“, 1907 – 1908, huile sur toile, 46 / 33cm, signée Rij Rousseau en haut à droite, caractères renverses
  • Museum of Fine Arts, Boston, USA. “Guitare”, 1908, pastel sur papier, 46 / 67cm. Signé « J. Rousseau » en bas à gauche. Au dos : Galerie L’Institut.
  • Spencer Museum of Art. The University of Kansas. Lawrence, KS, USA. “Le parc”, 1915, huile sur toile, 50 / 61cm, signée en bas à droite et au dos. No. 2010.0188. “Abstractions : Fenêtres“, huile sur toile, 73 / 60cm, signée en bas à droite. No. 2010.0172
  • The Morgan Library and Museum, New York, USA. “Le canal”, vers 1913, fusain sur papier, 52 / 36cm. Cachet atelier Rij Rousseau, en bas à gauche. Accession Number 2009.409
  • The Morgan Library and Museum, New York, USA. “Composition”, Charcoal and red chalk on green paper, 60 / 47cm. Cachet atelier Rij Rousseau, en bas a droite. Accession Number 2009.408
  • The Metropolitan Museum of Art, New York, USA. “Nature morte au bol”, 1908, pastel et fusain sur papier Ingres, 51 / 60cm, signé : J.Rousseau, en bas à gauche. No. 2010.509
  • Brooklyn Museum, New York, USA “Femme verte“,  pastel sur papier, 46,4 / 69,9cm. Accession Number 2010.79
  • Hood Museum of Art. Dartmouth College Hanover, NH 03755, USA. “Nature morte au journal”, pastel on blue paper, 48 / 61cm. Object No : 2009.72.11     
    A complementary information: on 22 July 2010, Horst Traffa-Raoult (grandaughter of Rij-Rousseau) sent to us a mail in which she reports:– In the Wichita Museum, Texas (U.S.A.) is kept a painting “La Ville” which is the carton of this rug. The painting “La Ville” is dated 1908. In the Rij Rousseau’s archives, Rij Rousseau wrote about this rug and she mentioned that she has woven the rug with her hands. archives. In the magazine Les Echos de l’Art, in January 1928 it is written:  Un tapis a été tissé par Rij Rousseau à partir du carton de ce tapis.Regarding these elements, the date of 1924-1925 for the weaving of this rug is less obvious. To-day, we know only that its weaving is between 1908 and 1924. An old photography probably taken by Rij Rousseau, herself, shows the carpet. On the back of the photography, she wrote: “Tapis points d’ Aubusson éxécutée, Exposition Internationale, medaille d’or”. By “exposition internationale”, she was meaning the international exhibition of Decorative Arts in 1925 (“Arts Decoratifs” in Paris 1925). She received for that rug a gold medal. On the back of the rug itself, there is a piece of cotton textile, a shield with Rij Rousseau’s handwriting with the mention “not to sell”. (Pas à vendre)

    This rug was shown on the exhibition in the castle of Blois in 1959.
    The painting of this rug was exhibited in Wally Findlay Gallery in New York in 1984.(12 January – 15 February 1984)

     

formerly Berdj Achdjian’s collection
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LE TAPIS “LA VILLE” DE RIJ-ROUSSEAU, UN CHEF D’OEUVRE  (article in french)

En contemplant ce tapis pour la première fois, j’ai eu le sentiment que j’étais en face d’un chef d’oeuvre. Que ce soit par la précision de son décor, par sa vigeur graphique, que ce soit par son endroit et par son l’envers, tout diffèrent dans ce tapis. Ce tapis possède une âme, une vibration, une énergie, différente et unique.

A) – Technique: Le fait que l’artiste qui avait conçu le carton, en l’occurrence Rij-Rousseau avait aussi fabriqué de ses mains ce tapis, m’ a été perceptible instantanément. Pour l’une des premières fois de ma vie, je voyais sur un tapis la présence de “repentis” de tissage, par “repentis”, je veux signifier des zones d’ajout de fils de chaine et donc de noeuds, à la structure primaire du tapis, par la présence de couleurs rarement utilisées dans la fabrication d’un tapis de cette époque en France, pour une première fois je voyais une minutie rare du nouage, pour la première fois je voyais un tapis du 1et quart du 20 eme siècle et français avec de telles recherches d’obtention de hauteur. Je constatais que ce tapis était différent. Avec lui, la notion traditionnelle de qualité technique de tissage n’était plus le sujet. La technique de fabrication du tapis de Rij-Rousseau se place sur un autre esprit, celui de la sensibilité, celui du respect optimal de l’esprit de l’artiste-tisserand.

L’âme du tisserand de tapis (la noueuse) en l’occurence Rij-Rousseau a été retranscrite dans le tapis. Et là, le sujet n’est plus une question de petits doigts de fée destinés à faire les noueds les plus fins, les plus techniques, le sujet devient la capacité à l’amour, la capacité à trouver les matériaux qui synthétisent au mieux un sentiment. Oeuvrer pour faire une oeuvre d’art, pour le don de soi, Cette nature de temps passé au labeur n’a plus grand chose à voir avec oeuvrer pour une commande, une oeuvre manufacturée. Ce labeur est il un travail ? En cela, ce tapis est une oeuvre d ‘art au même sens que l’un des tableaux de Rij-Rousseau, ou l’un des tableaux de Juan Gris.

B) – Esthétique: Rij-Rousseau s’avère avoir été au début de son existence une personne exceptionnelle. Elle a fait ce que très peu de peintres ont fait, elle a fait des recherches scientifiques et élaboré une théorie sur la peinture. Cette avance a débouché sur la théorie du vibrisme qui est des plus intéressantes et qui va faire naître d’autres théories ou mouvements esthétiques comme le futurisme. Nous incitons d’ailleurs les internautes et lecteurs de ce blog à s’intéresser plus avant à cette artiste car réellement, son oeuvre est remarquable. Dans le chapitre “philosophie”, nous reporterons les propos de Mr. Guy Pogu qui a visiblement travaillé sur le sujet.

Toutefois, et pour des raisons qui seraient trop longues et hardues de développer ici, je pense pouvoir affirmer sans crainte de me tromper que, pour cette oeuvre, “La Ville”, Rij-Rousseau a collaboré ou disons s’est laissée inspirer avec/par un autre peintre. Ce qui n’exclut pas que ce grand peintre a pu lui aussi recevoir de Rij-Rousseau. Les grands peintres échangent sur les termes d’une parité. Cet autre peintre est probablement Juan Gris. A l’époque où le carton a été réalisé (1908-1909) Juan Gris et Rij Rousseau étaient amants. Ils partageait le même toit. Aujourd’hui, Juan Gris étant bien plus célèbre que Rij Rousseau, certains lecteurs pourraient penser que Juan Gris était le maitre spirituel de Rij Rousseau. Curieusement, cette assertion n’est pas aussi scientifiquement sûre qu’il n’y parait. Il semble que l’un apportait à l’autre tout autant que l’autre apportait à l’un. Cette coopération m’est apparue en voyant dans une tapisserie de Rij-Rousseau, un motif de ligne diagonale avec une grecque dans le coin supérieur droit. Voir image ci-dessous. Cette bande est au meme endroit dans une oeuvre de Juan Gris. Voir la vidéo (à 1 minute 41 secondes). Comparer les deux oeuvres. Pour qu’à des dates aussi proches, les deux peintres font figurer les mêmes motifs, c’est qu’ils voyaient leurs toiles respectives. Il y a une collaboration. La touche picturale, la sensibilité des transitions entre les masses de couleur, les douceurs et la nature des ombres, l’éclatement libre des formes sont, quelque peu, différents du travail habituel de Rij-Rousseau.  L’esprit de cette “ville” éclatée ou plutôt ce que j’aurai personnellement appelé ce “centre de la ville”, l’église, clocher, maisons du centre d’une ville, sont traités picturalement autant, voir plus dans l’optique du Rayonisme et du Cubisme dont Juan Gris était adepte que dans l’esprit de la théorie du Vibrisme inventée par Rij-Rousseau. Pour mieux comprendre mon propos, je conseille le lecteur de se rapporter à l’ouvrage “Juan Gris” de James Thrall Soby, Edité par The Museum of Modern Art, New York, en collaboration avec le Minneapolis Institute of Arts, le San Francisco Museum of Art, et le Los Angeles County Museum. Si, comme je le pense, Juan Gris a participé à l’élaboration graphique de cette oeuvre, l’esprit de la couleur est totalement celui de Rij-Rousseau, et j’ajouterai “tant mieux”. Rij-Rousseau est une coloriste hors pair. Elle ressent bien ce qu’apportent les couleurs, et leur saturation la ravit. Et, elle nous ravit aussi. La laine est brillante. Les bleus sont intenses, les pourpres explosent, les bleus rayonnent, les rouges et les jaunes irradient. On est à mille lieux des effets chromatiques des décorateurs de l’Art Déco où les tons doivent s’intégrer à un décor, à un environnement. Aux questions habituelles des artistes et décorateurs qui ont réalisés des cartons de tapis, les questions de tons sur tons, de couleurs coordonnées, là, Rij Rousseau pose les problèmatiques des chromatismes forts. Là, les couleurs chantent. La conception de ce tapis n’est pas de s’intégrer dans un ensemble décoratif, mais d’être une oeuvre d’art visuelle à part entière, un tableau-textile. Le tapis n’est pas la pâle copie du tableau. Rij-Rousseau a fait de son tapis, un tapis dont les qualités en tant que tapis sont impressionnantes.

 Très tôt et avant 1900, (Zeiger-Viallet) Rousseau développa une théorie artistique, celle du vibrisme. Rij-Rousseau comme Georges Seurat, étayèrent d’abord une recherche, une philosophie, et après entreprirent de peindre.

Rapportons les écrits du blog ou site internet sur Rij-Rousseau:

Rij Rousseau exprima: «Faire d‘abord théorie mathématique – construire d’abord – créer les formes, ne jamais déformer les volumes et ensuite, laisser un peu l‘instinct finir le tableau. La vie artistique de Rij-Rousseau est dominée par l’étude continuelle des conditions de l’art: matières, technique et principes. Elle étudie à fond la théorie de Rood qui étaiyera sa doctrine de la couleur. C‘est par la couleur surtout, qu‘elle se distinguera des Cubistes. Parallèlement à l’étude de la couleur, elle conduira celle de la géométrie ainsi qu‘en témoignent de nombreux cahiers.

Très influencée par l’esprit extrême-oriental, elle fonde sa théorie Vibriste à partir de la connaissance de la Pensée chinoise et japonaise. Elle restera toujours influencéé par l‘idée des correspondances.

Elle écrira: « Le Japonais, doué de ce fond de gaîté dont parlent les voyageurs, peint aussi bien la sérénité de son âme qu‘il indique les conditions dans lesquelles il vit. Dans des décors énergiquement lumineux on peut aller du noir le plus profond en passant par les noirs de tous les degrés, jusqu‘au blanc intégral, se contentant de quelques tons intermédiaires légèrement colorés. Au sujet des noirs produits par la lumière, les Japonais n‘ont pas attendu les victorieuses interférences de Thomas Young, lequel en faisant croiser en un sens différent leurs rayons lumineux a montré que loin d‘occasionner au point de rencontre un redoublement de lumière, il s‘y produit au contraire du noir; les rayons se neutralisent et la lumière qui cesse d‘éclairer se changeant en ombre et devenant du noir de tous les degrés, selon l‘angle des croisements, sans toutefois que ces noirs, plus ou moins actifs arrivent au noir profond et négatif qui résulte de l‘obscurité complète »

Toutes les couleurs seront analysées par Rij-Rousseau; elle en cherchera la qualité dynamique comme plus tard les Futuristes. Nous appelons maintenant ces qualités : dynamogènes et les recherches empiriques de Rij Rousseau, précurseur, sont devenues des recherches scientifiques.

Nous rappelons pour mémoire que ce peintre a été mêlé à tous les mouvements nés de 1900 à 1925 sans y participer effectivement par sa peinture. Exposer entièrement la théorie vibriste demanderait un volume. Rij-Rousseau ne s‘en est jamais inquiétée ;elle n’a eu aucun disciple mais a profondément influencé de nombreux peintres, son ami Juan Gris en particulier, Metzinger La Fresnaye,DelaunayJacques Villon tirèrent un enseignement des facettes colorées du Vibrisme.

La théorie vibriste est profondément originale; elle a eu pour conséquence de faciliter l‘expression cubiste. Elle a été la première en date de la conception que nous appelons maintenant le « Cubisme synthétique ». L’essentiel de son idée peut se résumer ainsi: l‘eau, les sons, etc., se prolongent en ondes à partir d‘un point d‘immobilité. Ces ondes se diversifient et se différencient en fonction de la distance qui les sépare du point mort. Mais ces ondes s‘interfèrent, se recoupent, ou couvrent des points qui paraissent vibrer par le fait même que ces ondes les recouvrent. Il existe une qualité dans la couleur correspondant à sa longueur d‘onde (cette théorie est scientifiquement démontrée maintenant), il est donc nécessaire de prévoir la distribution de la couleur en fonction de sa puissance en longueur d‘onde. Arrêtons-nous la. Cette démonstration est magistrale. Si importante qu‘elle fait l’objet d‘études particulières par le Centre d‘Information de la Couleur. Outre la qualité personnelle et dimensionnelle de la couleur, li existe un rapport certain entre la forme qui l’enclot, les lignes qui la dirigent et son ordonnance au sein du tableau. Il est donc nécessaire de prévoir dans quelle mesure ces fonctions doivent être coordonnées. La couleur et les lignes ont une correspondance physiologiques, par exemple: la gaîté et la tristesse; plusieurs états: la jeunesse et la vieillesse, la condition que le tableau soit séparé en zones reliées par la forme. (Raoul Dufy tirera de cet enseignement ses tableaux à climats.)

Par sa recherche des Correspondances, de la forme, de la couleur, de l‘ intensité de la .qualité physiologique des éléments composant le tableau, Rij-Rousseau est un très grand peintre et un précurseur. Si d‘aventure, comme tant d‘autres, elle voulut trouver des correspondances entre les sons et les couleurs, les couleurs et les lettres, les formes et les mots, c‘est qu‘il est difficile de s‘arrêter lorsque toute sa vie l‘on a chercher à vibrer avec les autres. Mais rien pour elle n’a dépassé sa peinture: ni sa famille, ni ses amitiés ni même ses amours. «Par dessus tout Ma Peinture» répondra-t-elle, à une enquête. Le cas Rij-Rousseau est un cas passionnant à tous les égards. Guy POGU Source: Guy Pogu: Rij Rousseau. Le Vibrisme. Mars 1958, p.19-22

Nous n’ ajouterons rien de plus aux propos de Mr Guy POGU auquel nous avons cédé la place sur cet aspect de l’oeuvre de Rij-Rousseau. Qu’il en soit particulièrement remercié.

En conclusion, ce tapis est d’une grande importance et si Susan Day a choisit de le reproduire dans son ouvrage sur les tapis du 20 eme siècle, nous pensons que dans les années à venir, les auteurs qui traiteront de ce sujet, seront obligés de le considérer comme une oeuvre majeure et lui donneront une place de choix au pantheon des tapis de l’Art Déco.

Berdj Achdjian

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